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The Book: Le Mona Lisa des collectionneurs Jacksoniens

(voir le site de The Book ici)

Le 26 janvier 1990, Michael Jackson est au Beverly Hilton Hotel de Los Angeles et assiste à l’inauguration d’une œuvre de son peintre et ami, Brett Livingstone Strong, pour qui il a posé dans son ranch de Neverland.  

Cette toile, intitulée “ The Book ”, représente Michael, vêtu façon Renaissance, d’une veste de velours rouge,  tenant un livre mystérieux mais qui aurait "fortement influencé sa vie".  

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La Fée clochette peut aussi être aperçue en arrière-plan.

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Au fond à droite, on observe également que Brett Livingstone Strong s'est peind en train de réaliser le portrait, Michael posant pour lui. Strong porte alors le même costume qu'il avait pour l'inauguration de ce portrait.

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Le plafond et le chandelier sont inspirés de ceux de Neverland.

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Ce portrait est inspiré de  Vermeer,  l'un des peintres préférés de Michael.

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“The Book” est vendu à une firme Japonaise, Hiromichi Saeki Corp, pour la coquette somme de 2.1 millions de Dollars, un record pour une peinture représentant une personnalité vivante. L'inventeur de jouets Marty Abrams a ensuite acquis la toile en 1992 avec son partenaire John Gentilly, en  remboursement d’une dette contractée par Hiromichi. 

Quelques photos de la conférence de presse du 26 janvier 1990 (photos de Jeff Beasley, facebook)

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Après l’avoir conservé pendant plus de 17 ans dans un entrepôt du New Jersey, puis accrochée à son domicile de Kings Point dans l’Etat de New York, en 2010, suite au décès de Michael, et parce que l’assurance devenait trop chère, Marty Abrams a mis en vente sur internet le tableau d’environ 130cm sur 100cm, mais cela n’aurait donné lieu à aucune offre.

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La peinture était affichée en 2010 à l’automobile Dancy-Power à Harlem (New York).

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Un  nombre limité de lithographies numérotées et signées de The Book a été créé. L'une d'elle s'est trouvée durant uun moment au Hollywood Museum à Los Angeles

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 L'artiste australien Brett-Livingstone Strong, que Jackson a appelé un jour le Michel-Ange des temps modernes, a servi de mentor à Michael.

Les deux hommes se sont rencontrés en 1979. Michael avait découvert le travail de l’artiste en 1973 lorsqu’il a réalisé l’invitation Royale Officielle pour l’ouverture de l’Opéra de Sydney (Australie) par Sa Majesté la Reine Elizabeth. Devenus amis, leur collaboration a traversé plusieurs décennies.

Durant les années 80, Brett a réalisé plusieurs awards, peintures, couvertures d’albums, sculptures ou des dessins d’architecture pour Michael. Après l’accident de Michael sur le tournage de la publicité Pepsi, Livingston-Strong créé la plaque en bronze qui servira pour le Centre de grands Brûlés ouverts par Michael, le MJ Burn Center.

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Brett aimait beaucoup l’art de Michael et a commencé à l’encourager. Ainsi, pour le bicentenaire de la constitution américaine, Michael a créé, sous l’influence du travail de son ami, des portraits de présidents américains. Il en aurait créé 25 dont 8 du président Lincoln, 4 du président Washington, des portraits du président Kennedy et de Ronald Reagan ainsi que d’autres portraits d’icones américaines (Martin Luther King, Marilyn Monroe, Andy Warhol, …) qu’il avait espéré voir exposés (les œuvres apparaissent cependant dans le livre commémoratif de l’évènement). Brett avait préparé le papier spécial sur lequel Michael dessinait et sur lequel il a continué à réaliser des paysages abstraits à la fin des années 80. Inspiré par son passage à la Maison Blanche, en 1984, avec le Président Reagan, Michael avait également réalisé « The White House Doors », en 1987, sur ce papier fabriqué par son ami.

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Certains des projets de la star ont été réalisés devant les objectifs des photographes, comme ici en 1988.

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Les deux hommes ont continué à travailler ensemble durant les années qui suivirent. Michael aurait ainsi réalisé, avec son ami, plus de 170 œuvres, créant ainsi plusieurs collections : Michael avait une collection d’oeuvres intitulée « Magical Works » et qui regroupe des paysages, des œuvres marines, des dessins de sculpture et son logo MJJ, créées, pour la plupart, dans le studio des deux hommes de Pacific Palisades. Il y avait aussi les collections “The Electric Past and Future Happy Chairs, Doors and Gates”, des esquisses créées durant le Dangerous Tour. La série des « Seven » daterait les années 2000.

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Certaines de ces œuvres ont été détruites par Michael qui n’en était pas satisfait, d’autres ont été égarées ou offertes mais un grand nombre a été stocké dans le but de publier un livre, The Artist’s Formula. Celui-ci était prêt à la fin des années 90 et aurait regroupé des œuvres d’art d’artistes ayant influencé les deux hommes ainsi que quelques unes de leurs œuvres personnelles.

Brett Livingstone Strong et Michael ont également collaboré au projet du logo Heal The World et à la pochette de l’album Dangerous. Un dessin préliminaire montre ainsi que les yeux de Michael présent sur la pochette faite par Mark Ryden étaient déjà là dans le projet de Livingstone Strong.

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Les deux hommes avaient formé un partenariat commercial artistique, The Jackson- Strong Alliance en 1989  afin de diffuser leur travail artistique et d'amasser des fonds pour des oeuvres de charité pour les enfants. The Book scelle ce partenariat.

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Le portrait de Michael réalisé par Strong, "The book", n’est pas la seule réalisation de Strong sur Michael. Il a aussi peint « The Lovers » (Les Amants) une scène de Michael dans un étang de lis entouré par les naïades aux seins nus en s'inspirant directement de la peinture de 1896, "Hylas et les Naïades." de John William Waterhouse.

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Une première version de ce tableau aurait été peinte en 1993, avant que Lisa Marie et Michael ne soient ensemble.

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Michael l'aurait fait refaire par Strong en 1994/1995 et en lui demandant que la nymphe principale ressemble à Lisa-Marie Presley.

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Dans un article de  2011, publié par LA Weekly, Brett-Livingstone révèle l’art de Michael Jackson. A lire ici et dont voici la traduction:

Jusqu’à présent, la collection d’art de Michael Jackson était entourée de mystère. On sait qu’il existe un différend juridique sur la possession. Puis, les gens ont spéculé que des acheteurs, comme Guy Laliberté du Cirque du Soleil, étaient intéressés. Elle a été évaluée à la somme renversante (et légèrement incroyable) de 900 millions de dollars.

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Un fait essentiel: la collection d’art de Jackson n’est pas un art comme les autres – c’est surtout des dessins et peintures qu’il a lui-même créés. Alors à quoi ressemble son art?

Hier, LA Weekly a été le premier à visiter le (jusqu’à présent) hangar top secret de l’aéroport de Santa que Jackson utilisait comme son atelier et entrepôt d’art. La collection est actuellement détenue par Brett-Livingstone Strong, le constructeur de bâtiments australien et mentor artistique de Jackson à travers les années, en association avec la succession Jackson.

Bien que la collection d’art entière a été le sujet de conflits et de batailles pour les droits , Strong indique qu’il travaille avec tout le monde – la famille, la succession, ainsi que d’autres – pour exposer et publier le travail de Jackson autant que possible.

Selon Strong, Jackson et lui formaient un partenariat d’entreprise constituée en société en 1989, connu sous le nom de l’alliance de Jackson-Strong. Cela donnait à chaque partenaire une participation de cinquante pour cent dans l’art de l’autre. En 2008, Strong indique que Jackson a demandé que son avocat signe le droit à la portion de l’art de Jackson sur celui de de Strong. Maintenant, Strong commence à révéler de plus en plus de son art car il souhaiterait réaliser le rêve de Michael Jackson, organiser une exposition dans un musée.

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Strong nous a fait visiter le hangar, à commencer par le monument de Michael Jackson que Strong et Jackson ont co-conçu il y a plusieurs années. C’est peut-être grandiloquent, mais conçu avec de bonnes intentions, avec à l’esprit, les grands fans de Jackson. Strong explique: «Il voulait que ses fans puissent se marier à un monument qui inspirerait toute sa musique [comme une archive, et avec des haut-parleurs], il voulait inspirer certains de ses fans. »

La conception actuelle est encore en travaux, mais il est conçu comme un monument interactif – les fans qui achètent une impression de Jackson recevront une carte par mail. Ils peuvent scanner cette carte au monument, puis avoir un ordinateur pour organiser un accueil personnalisé, ou leur permettre de réserver pour les mariages. Jackson avait d’abord pensé que ce serait parfait pour Las Vegas, mais Strong affirme que Los Angeles pourrait avoir l’honneur de l’accueillir – apparemment, le maire Antonio Villaraigosa a récemment effectué une visite et fait quelques promesses indirectes.

Quant à l’art de Jackson, le hangar représente à peine la surface de la collection, Strong estimant que la collection totale de Michael Jackson se compose de 150 à 160 pièces. Quelques dessins importants accrochés aux murs avaient été donnés comme reproductions au LA Children Hospital lundi dernier, avec d’autres esquisses et poèmes.

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Sur l’ensemble de son art, certains motifs récurrents surgissent: des chaises (généralement assez baroques), des portes, des clés et le nombre 7. Le portrait de Bubbles, son chimpanzé, montre un visage simiesque disparaître dans une douce chaise ornée. «Il aimait les chaises», déclare Strong. «Il pensait que les chaises étaient les trônes de la plupart des hommes, des femmes et des enfants, où ils ont pris leurs décisions pour leur activité quotidienne. Il était inspiré par les chaises. Plutôt que de simplement faire un portrait du singe, il l’a mis dans la chaise. Et vous voyez, il ya quelque sept – parce qu’il est le septième enfant ».

Jackson, qui était un artiste talentueux techniquement – et complètement autodidacte – se fixait sur ces motifs, élevant des objets du quotidien en symboles de culte. Strong ajoute que des carnets de Jackson sont complètement remplis avec des études de ses objets préférés, dans des permutations sans fin.
Mais Jackson a également créé des portraits: un petit croquis de Paul McCartney, et un grand dessin de George Washington, créé pendant que Strong travaillait avec la Maison Blanche pour commémorer le bicentenaire de la Constitution, en 1987.

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Il a également esquissé des auto-portraits – l’un comme quatre panneaux de dessin humoristiques, où il dessine ses étapes pour devenir adulte, et un plus sombre qui le dépeint comme un enfant recroquevillé dans un coin, inscrit avec une phrase qui reflète sa fragilité.

En tant qu’artiste, Jackson préférait utiliser des crayons de cire, ajoute Strong: «Il a fait beaucoup d’aquarelles, mais il les a donné. Il était un peu intimidé par le mélange des couleurs. » Certains crayons restants sont archivés dans le hangar. Strong se dirige vers une armoire, sur le mur du fond du hangar et en sort un sac contenant un crayon de cire bleue, une plume blanche et un gant blanc que Michael Jackson utilisait pour le dessin.

Jackson s’est tourné vers l’art lorsqu’il a eu de durs moments. «Son intérêt pour l’art, dans le dessin, c’était juste un autre niveau de sa créativité qui a duré longtemps», dit Strong. «Il était replié sur lui-même. Je pense qu’il se retirait dans son art quand il était attaqué par les accusations portées contre lui. » Les esquisses et les dessins révèlent sans aucun doute un créateur extrêmement sensible, mais il est clair que Jackson avait aussi le sens de l’humour.

L’art de Jackson a été gardé secret si longtemps tout simplement à cause du scandale de pédophilie qui a éclaté alors qu’il était à la recherche d’un moyen de faire connaître ses oeuvres. «Beaucoup de ses oeuvres allaient être exposées, il y a 18 ans. Voici un de ses livres de tournée, où il parle d’exposition. Il ne voulait pas que ce soit un secret », dit Strong, montrant un tract du Dangerous World Tour de 1992.

Avant cette période, Jackson et Strong s’étaient rencontrés et sont devenus rapidement amis. Cela a marqué le début du « mentorat » de Strong, au cours duquel il a encouragé Jackson à créer des peintures et des dessins de plus en plus importants, et à exposer son travail. L’idée derrière leur l’Alliance Jackson-Strong était que Strong aiderait Jackson à gérer et à exposer son art. L’alliance a notamment donné naissance au fameux portait de Michael Jackson de Strong estimé à 2 millions de dollars, intitulé Le Livre , le seul portrait connu pour lequel Jackson a posé.

En 1993, tout a explosé. À l’époque, Michael Jackson et Strong siégaient tous les deux au conseil d’administration des Big Brothers de Los Angeles (maintenant connu comme Big Brothers Big Sisters), une section de l’organisation nationale d’encadrement des jeunes établis à Los Angeles par Walt Disney et Meredith Willson. Ils avaient prévu une campagne de levée de fonds impliquant l’art de Jackson. Strong explique: «Nous avons pensé que si nous voulions mettre sur le marché [son art] en tirage limité pour ses fans, il pourrait soutenir les organismes de bienfaisance qu’il voulait, plutôt que tout le monde pense qu’il était si riche qu’il pouvait se permettre de financer tout le monde.  » Quand le scandale de pédophilie a éclaté, Disney a gelé le projet. Les œuvre d’art sont restées ainsi, emballées, loin des yeux du public dans des caisses de stockage.

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Quant à l’appréciation spectaculaire de 900 millions de dollars pour la collection d’art de Jackson, Strong affirme que cela vient aussi des reproductions. Le chiffre a été cité par Eric Finzi, de Belgo Fine Art Appraisers. « La raison pour laquelle cela a été dit c’est parce qu’il y avait une évaluation si tous ses originaux avaient été reproduits – il voulait faire des éditions limitées de 777 – et il les aurait vendus à ses fans afin de construire son monument, soutenir les enfants et faire d’autres choses. Vous multipliez ce chiffre par 150 originaux, et s’ils sont vendus pour quelques milliers de dollars chacun, vous atteignez 900 millions de dollars.  » Ce qui est juste, bien que maintenant Strong indique qu’il est allé consulter un évaluateur à Chicago pour obtenir une vérification, et ils sont arrivés à une estimation encore plus élevée.

L’histoire de l’art de Jackson est assez simple, mais remise en cause par tant de ouï-dire et de rumeurs. Strong et la succession de Jackson vont petit à petit révéler son travail, et une exposition est provisoirement prévue pour le Los Angeles City Hall. Des négociations avec les musées pour une rétrospective posthume de Jackson sont toujours en cours, mais Strong a de grands espoirs. Il parle même de construire un musée de Michael Jackson qui abritera l’ensemble des œuvres de Jackson.

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Nous allons vous laisser avec cette propre description de Strong de Jackson au travail, lorsqu’ils partagaient un studio dans une maison de Pacific Palisades:« Il était d’une humeur très légère et heureux la plupart du temps. Il écoutait des vieux succès, et parfois il écoutait certaines chansons des Jackson Five. Il faisait quelques mouvement , mais la plupart du temps il changeait et écoutait une variété de chansons. Il aimait la musique classique. Son inspiration pour créer était qu’il aimait la vie, et il voulait exprimer son amour de la vie dans certaines de ces compositions simples.
Je suis venu au studio un jour, et il y avait un Malamute. Je suis entré dans la maison, et j’ai entendu ce chien aboyer et j’ai pensé, Wow, je me demande ce que c’est. Je vais dans la cuisine, et je ne pouvais m’empêcher de rire quand j’ai vu Michael dans les pots et es casseroles sur le milieu de l’îlot central. Il tenait un stylo et du papier et le chien tourne autour de l’îlot et lui aboyait dessus et il dit: «Il veut jouer! Il veut jouer! » Il rit, et je ris en y repensant et en me demandant pendant combien de temps il est resté comme ça. »

Le dévouement de Michael Jackson à l’art était si fort qu’il finissait perché sur un îlot de cuisine.

Toute l'histoire de la collaboration entre les deux hommes sur jacksonstrongalliance.com