Damien Shields, journaliste et grand fan de Michael Jackson, a mis en ligne, le 28 décembre 2014, un article qui relate les coulisses des répétitions des concerts que Michael Jackson aurait du donner pour HBO les 8 et 9 décembre 1995. Des concerts qui n'ont jamais eu lieu car  la star s'est effondrée sur scène lors des répétitions. Voici la traduction de l'article:

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Le 25 Juillet 1995, le Roi de la Pop révélait qu'il allait participer à une émission spéciale qui serait diffusée plus tard dans l’année. Ce show spécial, appelé Michael Jackson: One Night Only, devait être un concert intime organisé au historique Beacon Theatre de New York City. Filmé le 8 et 9 décembre en direct, l’émission devait être diffusée en exclusivité sur HBO à 20 heures le 10 Décembre 1995.

Michael Jackson: One Night Only a finalement été annulé quelques jours avant ce qui aurait du être sa diffusion, Michael Jackson ayant été transporté à l'hôpital après s'être effondré pendant les répétitions du 6 décembre.

L'annulation du spectacle a soulevé des questions, dont beaucoup restent sans réponse. À ce jour, les fans continuent de s’interroger à propos de ce spectacle qui n'a jamais eu lieu : quelles chansons Michael Jackson aurait interprétées, à quoi la production aurait ressemblé, si oui ou non les répétitions ont été enregistrées, qui a eu l'idée de faire ce show, si l'effondrement de Jackson était légitime ou mis en scène, pourquoi le show n'a jamais été reporté, et quel impact il aurait eu sur sa vie et sa carrière s’il avait effectivement eu lieu.

J’ai donc décidé de me pencher sur ces questions, et j’ai contacté des dizaines de personnes qui ont participé à l'émission d'une manière ou d'une autre. Au cours du dernier mois, j’ai interviewé beaucoup d'entre eux et j’ai reconstitué le puzzle à travers un compte rendu détaillé de ce qui aurait pu être le plus grand concert à ne pas avoir eu lieu.

"Il ne pouvait pas être plus passionné", Jim Morey, le manager de l’époque de Michael Jackson, m’a-t-il dit en évoquant l'enthousiasme de son client pour les concerts. "C’était son concept. Ce que Michael voulait faire c’était quelque chose qu'il n’avait personnellement jamais fait auparavant. Il y avait toujours une montagne à gravir, et cette émission spéciale sur HBO allait être sans précédent. Elle était entièrement contrôlée par Michael et son entourage. Il a choisi le directeur. Il a choisi les invités. Cela aurait été une montagne supplémentaire que Michael aurait grimpée, et quelque chose qu'aucun autre artiste n’aurait pu accomplir ".

Michael Jackson, dont l’album HIStory était sorti seulement six semaines avant l'annonce, a contacté son ami de longue date, le producteur exécutif vétéran Jeff Margolis, pour l'aider à mettre en scène l'événement. 

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"Michael est venu à moi. Je le connaissais depuis qu'il était gamin, et nous avions travaillé de nombreuses fois ensemble au cours des années ", dit Margolis, qui a produit l’émission spéciale Sammy Davis, Jr. 60th Anniversary Célébrations en 1990, récompensée par un Emmy Award et Happy Birthday Elizabeth: A Celebration of Life en 1997, deux émissions au cours desquelles Michael avait chanté. "Il venait de temps en temps à mon bureau, et j’allais au ranch de Neverland, et nous passions simplement du temps ensemble, à parler de différentes choses."

"Quand Michael et sa société ont décidé de faire ce show, ils voulaient vraiment essayer quelque chose de différent", se souvient-il. "Au lieu d'un de ces stades géants, Michael voulait essayer de faire quelque chose de plus intime, et se rendre plus palpable auprès ses fans et du public américain. Alors il est arrivé avec cette idée, et m'a dit: "Je veux que ce soit intime. Comment le ferais-tu? Et c’est ainsi que ça a commencé ".

"Nous avons choisi le Beacon Theatre à New York", ajoute Margolis. "C’est un magnifique théâtre dans un vieux style artdeco, et nous voulions l'intimité du théâtre afin que Michael puisse se sentir plus proche des fans, et que les fans puissent se sentir plus près de lui."
"C’est ce que Michael avait envisagé. Plutôt que de jouer au Yankee Stadium devant 70.000 personnes, le Beacon Theatre pouvait contenir environ 3.000 personnes, c’était ce côté intimiste qui plaisait à Michael, comme Frank Sinatra aurait pu le faire. Ce serait l'homme et sa musique, loin des jeux de lumières, des flashes".

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"Je pense que c’est la marque d'un véritable interprète, d'être en mesure d'atteindre n’ importe quel public partout dans le monde, de toute taille", a dit Michael Jackson lorsqu'on l’a interrogé sur le fait d'effectuer un spectacle plus intime. "Si vous arrivez à vous connecter à un petit groupe, la magie commence à se produire. J’ai commencé à jouer ce genre de concerts. [La spéciale de HBO] est intime. C’est un close-up. Cela me permettra de faire beaucoup de choses que je n’ai jamais faites auparavant."

Une fois le concept et le lieu décidés, Michael Jackson et Margolis ont commencé à planifier le spectacle et à réunir une équipe capable de les aider à mettre en oeuvre leur vision des choses.
"Fondamentalement, la musique qui allait être jouée était ce que Michael jugeait appropriée", se souvient Margolis, "de ses succès passés, à des titres plus récent. Il voulait jouer beaucoup de ses succès car tout le monde les connaissait ".

"J’ai engagé le designer de production que je pensais être le bon, et le concepteur d'éclairage que je pensais être le bon, et les chorégraphes", continue Margolis. "J’ai engagé une demi-douzaine de chorégraphes pour ce spectacle parce que nous voulions que chaque numéro ait une sensation différente. Nous ne voulions pas que chaque numéro ait la même allure. Chaque chorégraphe avait deux ou trois numéros à concevoir. J’ai embauché Jamie King (qui a mis en scène le spectacle posthume de Michael Jackson par le Cirque du Soleil), et j’ai engagé un chorégraphe appelé Barry Lather, qui est désormais le chorégraphe de Usher ".

"Je suis venu de la part de Michael Jackson et de Jeff, en tant que consultant", se rappelle Kenny Ortega, directeur de la tournée Dangerous de Michael Jackson en 1992-1993. "Jeff est un grand ami et nous avons travaillé ensemble sur de nombreux projets musicaux."

"J’ai engagé Kenny Ortega pour superviser le tout", explique Margolis. "Kenny et moi sommes de très bons amis et ont a beaucoup travaillé ensemble. Il avait déjà travaillé avec Michael et je savais que Michael l’aimait vraiment, et que Kenny aimait travailler avec Michael. Je me suis dit, je vais le faire venir et il va superviser tous les autres chorégraphes. Ca a fonctionné, et Michael s’est senti bien de savoir qu'il était pris en charge".

Debbie Allen, une icône de la danse et amie de longue date de Michael a également été embauchée, avec Ortega, en tant que chorégraphe superviseur. "Comme ils se connaissaient bien j’ai pensé que ce serait amusant que Debbie travaille avec lui", se souvient Margolis. "Kenny et Debbie étaient là pour aider les jeunes chorégraphes à rester fixer à la tâche et à respecter nos délais", dit Lavelle Smith Jr, un autre des chorégraphes impliqué avec le spectacle. "Jeff Margolis avait besoin de gens dont il savait qu’ils pourraient l'aider à parler aux jeunes danseurs et chorégraphes".

Smith, qui a co-chorégraphié l’électrisant "Dangerous" interprété par Michael Jackson lors de l'ouverture de la cérémonie des MTV Video Music Awards le 7 Septembre 1995, se souvient avoir voyager en Europe avec Michael Jackson, son partenaire chorégraphe Travis Payne, et quelques danseurs pour une numéro promotionnel lors d’une émission allemande, Wetten Dass , le 4 novembre 1995, seulement cinq semaines avant la date prévue de la spéciale de HBO.

"Travis et moi venions de rentrer d’Europe avec Michael, et nous n’avions pas encore reçu d’appel au sujet de la spéciale de HBO", se rappelle Smith. "Michael pensait que nous avions été contactés, parce que quand nous avons quitté l'Europe, il nous a dit: "Je vous vois à New York", mais nous n’avions pas eu d’'appel. Michael a fait en sorte qu’on change nos vols et nous nous sommes retrouvés à New York".

"Je me souviens de la première réunion avec tous les chorégraphes et je me suis dit, qu’est-ce qui se passe ici?", se souvient Smith. "Il y avait beaucoup de gens. Trop de cuisiniers dans la cuisine, ou presque. Chacun faisait un ou deux numéros".

"On nous a dit que nous allions développer une émission de télévision emblématique qui deviendrait historique pour Michael", se souvient le chorégraphe Barry Lather. "Il y avait plusieurs chorégraphes impliqués, et chaque chorégraphe était excité d’accomplir quelque chose d'extrêmement spécial et de nouveau pour MJ; de développer de nouveaux concepts, de nouveaux mouvements de danse, et de créer une émission de télévision épique ".

Les répétitions de danse pour la spéciale avaient lieu aux Sony Studios de New York, avec jusqu’à une centaine de danseurs qui entraient et sortaient du bâtiment pour répéter leurs morceaux.

"C’était un effort d'équipe, mais nous avons tous travaillé séparément," ajoute Lather. "Il y avait comme une atmosphère top secret pour moi. Tout le monde faisait son numéro, portes fermées. Nous n’avons pas assisté au travail des autres chorégraphes. C’était vraiment un projet unique dans lequel tout le monde s’était engagé ".

"C’était très compartimenté", dit Smith. "Nous étions aux Sony Studios avec vingt-quatre danseurs. Nous gardions nos numéros secrets parce que voulions faire de notre numéro le meilleur. Après la première réunion, je n’ai plus vraiment revu les autres choregraphes. J’ai vu Jeff Margolis plusieur fois, et nous avons vu Michael à peu près tous les jours, mais je pense que Jeff nous laissait tranquille, car il voulait que ça avance et qu'il puisse trouver comment le tourner. Il nous a donné notre espace parce qu'il savait que nous étions sous pression, et "Dangerous" allait être un grand numéro ".

"Son coiffeur, sa maquilleuse et son costumier parlaient aux chorégraphes", explique Margolis. "Les chorégraphes savaient ce dont ils avaient besoin pour Michael Jackson, et ce dont ils avaient besoin pour les danseurs, et ils relayaient tout ça à Michael Bush. Ils étaient tous en symbiose. Brad Buxer coordonnait la musique avec Michael, et Michael avec les chorégraphes".

"Toutes les danses étaient répétées aux Sony Studios, et Brad Buxer répétait avec le groupe ailleurs parce qu'il utilisait un orchestre symphonique et ils avaient besoin d'un plus grand espace pour répéter. Nous ne pouvions donc pas répéter au même endroit", ajoute Margolis. "Mais avant que Brad ne commence à répéter avec l'orchestre, il assistait aux répétitions de danse tout le temps, s’assurait que les titres des répétitions étaient les bons et que les chorégraphes avaient ce dont ils avaient besoin. Tout le monde était en symbiose. Le directeur de l'éclairage est venu et a regardé les répétitions pour s’assurer de travailler correctement ".

"Même si j’étais le producteur exécutif et le réalisateur de l'émission, il y avait certaines choses dont je n’avais pas besoin de me préoccuper", explique Margolis. "Par exemple le travail de Brad Buxer et tout ce qui concernait la musique. Il maîtrisait tout. J’étais responsable des chorégraphes, de Michael, et de tout ça. Brad et son équipe se sont occupés de toute la musique. Michael Bush s’occupait des costumes. Les chorégraphes ont vraiment travaillé en étroite collaboration avec Michael Bush pour obtenir tout ce dont ils avaient besoin. Lorsque j’embauche des chorégraphes, je leur fais confiance. La plupart d'entre eux étaient des chorégraphes de télévision. Ils savent ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire pour les caméras de télévision et pour l'éclairage; quel type de costume vous pouvez et ne pouvez pas utiliser. Je n’avais donc pas besoin de m’occuper de cela. J’aime me tenir au courant et voir les costumes avant de les voir sur scène, ce que je fais, mais je n’avais pas à être impliqué dans le processus créatif".

Lorsqu’ils ont essayé de ré-imaginer quelques uns des classiques de Michael, celui-ci et ses chorégraphes ont eu de nombreuses sources d’inspiration.

"Pour "Dangerous", nous nous sommes inspirés du dystopique criminel de 1971, "Orange Mécanique", explique Smith, qui a co-chorégraphié le nouveau morceau avec Travis Payne. "Les visuels, les couleurs, et les humeurs que vous voyez dans le film".

"Il y avait un fond très neutre", a-t-il ajouté. "Je me souviens de la musique que Brad Buxer venait juste de me donner. Sans même l’écouter, je savais que c’était exactement ce que je voulais C’était comme "wow". J’ai juste dit : "démonte tout". Il l'a joué une fois, je crois que je lui ai demandé de prendre plus d’assurance, et enfin nous y sommes arrivés c’était comme, voilà, c’est fait! Ca correspondait au film, à l'ambiance; c’était tout simplement génial".

Concernant la nouvelle composition de "Dangerous", Smith a expliqué que lui et Payne, "étaient partis d’une version très nue au début de la chanson. Elle était encore plus nue que les versions que Michael avaient interprétées à Séoul et à Munich en 1999. Ca ne ressemblait même pas à "Dangerous" quand nous arrivions sur scène. Et les gars: nous sommes comme un groupe de fous cinglés. Si vous avez vu le film, vous comprendrez".

"Michael adorait le numéro original de "Dangerous", mais les gens lui disaient: "Tu fais ce numéro tout le temps. Tu devrais le changer. Les gens en ont marre". Voilà donc vers quoi on se dirigeait : "Orange mécanique" de Stanley Kubrick. Ca allait être fou. C’était une ambiance funky. Michael Bush est sorti et a acheté vingt-cinq chapeaux melons, les costumes blancs à bretelle, et nous avions tous eu nos propres bottes de combat. Nous avions l’œil à cils à l’envers et tout. On y ressemblait vraiment".

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"C’était un plateau nu, parce que nous étions le plateau", explique Smith, à propos de la façon dont "Dangerous" serait joué sur scène. "Nous le voulions ainsi. Et cela ressemblait beaucoup à une performance du style de Fosse. Plus ou moins. Et nous allions avoir Naomi Campbell. Elle allait apparaitre sur scène, elle serait passée en marchant. Ca allait être génial ".

"Pour certaines chansons, il voulait des danseurs, et il voulait une grosse chorégraphie. Et pour d’autres titres, il voulait juste être seul sur la scène", se souvient Margolis. "Et il y avait un certains nombres de chansons où je voulais qu'il soit seul, et d’autres où je voulais qu'il y ait tout une chorégraphie, et nous nous sommes mis d’accord sur tout. Ses grands classiques, comme "Beat It", ont été réalisés avec des danseurs. Je me souviens comment la chorégraphie était brillante sur ce numéro".

"Oh, oui", se souvient Smith de la nouvelle performance de "Beat It". "Travis et moi travaillions sur ce numéro. On allait inclure de nouvelles choses à l'intérieur, avec le moment de danse que l’on connait à la fin. On devait reprendre le numéro classique. Le reste du numéro, ce qui menait à ce moment, allait être très Kung-Fu. Nous nous sommes inspirés des films de kung-fu. Michael nous a commandé certaines vidéos de Bruce Lee. Nous avons essayé d'entrer dans sa tête ".

"Ca devait être épuisant pour lui, parce que sur ce spectacle, il n'avait pas seulement une répétition par jour; il en avait cinq ou six", ajoute Smith. "C’était un gros projet. S’il avait été le genre d'artiste qui laissait les gens danser autour de lui, ça aurait été bien, mais il n’était pas ainsi. Il devait être impliqué dans le numéro. Il devait inspirer le numéro. Et c’est beaucoup de pression et beaucoup de travail. Nos journées étaient longues, donc je sais que ses journées étaient super longues ".

L'un des autres numéros que Michael Jackson apprenait et répétait avec diligence était la nouvelle interprétation de Thriller par Barry Lather.

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Michael Jackson et Barry Luther pendant Captain Eo en 1986

"Pour "Thriller" je voulais une ambiance punk/rock industriel avec un ton léger, façon espion" se souvient Lather, qui avait déjà travaillé en tant que danseur avec Michael Jackson en 1986, dans "Captain EO". "Nous avions vingt danseurs avec des longs manteaux, des chapeaux et des lampes de poche. C’était extrêmement spécifique, vif et brut. Présenter "Thriller" d'une manière nouvelle était un défi ".

"La mise en scène pour 'Thriller, comme je le disais, était très vive et brute, avec une sensation d'entrepôt industriel. Un plateau noir avec des tons blancs. Ce n’était pas un spectacle coloré, mais plutôt avec un éclairage audacieux".

"Michael a appris entièrement la nouvelle version de "Thriller", explique Lather. "Il a appris la chorégraphie quand personne n’était dans la salle. J’étais étonné de voir comment Michael apprenait en regardant et en s’imprégnant visuellement de la chorégraphie".

"Il aimait beaucoup cette nouvelle version, et il maîtrisait la nouvelle chorégraphie", ajoute Lather. "Il y avait une mise en scène spécifique et de nouveaux mouvements. Les danseurs et moi avions répété pendant près de douze jours et on avait tout préparé pour Michael quand il a vu la performance et qu’il a décidé de l'apprendre. Je lui ai parlé de la performance; comme ça se déroulait, et ses moments. Lorsque nous avons montré le numéro à Michael, j’ai dansé à sa place afin qu'il comprenne quand se déroulaient les moments de mise en scène et d'attention. C’était vraiment excitant et je me souviens de lui avoir tout détaillé. Je voulais que ce soit parfait, qu’il aime la performance et la chorégraphie ".

En fait, Michael a tellement adoré le nouveau numéro de "Thriller" qu'il a réutilisé certains des pas de Lather dans son film Ghosts en 1996.

Tout comme pour "Thriller", Lather a également été chargé de ré-imaginer "Smooth Criminal". Malheureusement, cela n'a jamais été pleinement réalisé.
"J’avais un nouveau concept pour "Smooth Criminal" aussi, mais nous n’avons pas eu de répétitions ni le temps de développer ce nouveau concept", explique Lather. "Mais c’était totalement différent, c’était une nouvelle direction pour cette chanson".

One Night Only était un spectacle différent des performances que Michael Jackson avait l’habitude de donner durant la dernière décennie, et la mise en scène et le plateau étaient très différents de ce que les fans étaient habitués à voir chez le Roi de la Pop.

"Le plateau était vraiment très agréable", explique Margolis. "C’était un orchestre complet enveloppé autour de la scène, et la partie arrière était à deux étages; des musiciens sur le deuxième étage et d’autres, plus nombreux, en dessous. Sur les deux parties latérales, il y avait ses musiciens réguliers : Brad Buxer et tous les gars qui jouaient d’habitude avec lui", y compris Ricky Lawson à la batterie, David Williams et Jennifer Batten à la guitare et Siedah Garrett pour les choeurs.

"C’était assez spectaculaire", continue Margolis. "Le concepteur de l’éclairage a travaillé avec le concepteur du plateau, et le plateau était éclairé de manière à ce que le groupe puisse être mis en avant, les musiciens pouvaient être en silhouette, ou ils pouvaient disparaître. Et quand ils disparaissaient le plateau devenait un beau ciel étoilé. On avait l’impression que Michael flottait dans l'espace. Le sol était noir brillant, et tout le reste c’était comme si vous regardiez un ciel étoilé. C’était assez incroyable. "

"Nous avions même construit une petite scène satellite dans le milieu du public, hors de la scène principale, afin qu'il puisse y faire un ou deux numéros et pour pouvoir simplement toucher le public, et que le public puisse le toucher. C’était vraiment spectaculaire. C’était vraiment chaleureux et intime. C’était une scène circulaire au milieu de la salle. Elle était très petite, reliée à la scène principale par une piste ".

Le numéro le plus très médiatisé qui aurait du avoir lieu au cours des concerts One Night Only était l’interprétation du titre "Childhood", avec une apparition spéciale du légendaire mime français Marcel Marceau.

"Au départ, il ne devait pas y avoir d’invités spéciaux", ajoute Margolis. "Cela aurait du être le moment où Michael allait briller. Cela aurait été Michael et rien que lui. Et il a eu cette idée brillante, que Marcel Marceau mime "Childhood". C’était l'invité parfait pour ce spectacle ".

"Il apprécie la poésie mimée avec des mouvements lents", s’est souvenu Marcel Marceau dans une interview pour le magazine History, en 1996. "Il a dit qu'il avait écrit une chanson appelée "Childhood". "J’adorerais que vous mimiez cette chanson sur scène," dit-il, et j’aimerais le faire avec vous. Le mouvement lent serait merveilleux".

Marceau a accepté de collaborer avec Jackson sur la chanson et tous deux ont commencé à discuter de la logistique.

"Lorsque vous êtes au téléphone, un accord verbal est loin d'être un contrat", a expliqué Marceau. "Alors j’ai dit, "Michael, je vais vous donner mon numéro à Paris. Appelez-moi si vous voulez, et si nous le faisons ensemble, donnez-moi un script. " Peu de temps après cette conversation, il m'a appelé à la maison. Il a commencé à chanter la chanson au téléphone. Je lui ai demandé, "Comment imaginez- vous notre duo? Envoyez-moi un script", ce à quoi il répondit: "Non je veux que vous fassiez la chorégraphie et nous allons le faire ensemble. Je vais préparer un contrat".

"Michael adorait Marceau, et ca a été toute une négociation de ma part pour le faire venir", se souvient Morey, "parce que ce n’est pas quelqu'un qui fait simplement une apparition. Je me souviens que Marcel Marceau m’a dit: "Qu'est-ce que Michael veut faire exactement? Et je lui ai dit, je ne sais pas vraiment encore, mais nous le saurons bientôt. Ce fut une négociation difficile avec son manager, de lui faire accepter de faire quelque chose sans pouvoir lui dire ce que c’était. J’ai dit quelque chose du style: "Deux des plus grands génies créateurs du monde peuvent surement entrer dans une pièce et trouver quelque chose à faire".

Une fois que le contrat a été négocié avec succès par Morey, Marceau est arrivé aux États-Unis pour commencer à travailler avec Michael Jackson.

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"J’ai été accueilli par un Michael Jackson en pleine forme. Il était heureux de m’avoir, et nous avons commencé à travailler immédiatement", se souvient Marceau. "[Il] voulait quelque chose de concret. Imiter est cryptique; vous ne pouvez pas imiter des gestes dans une chanson, il doit y avoir une sorte d’opérette, et "Childhood" est une grande chanson lyrique. Pour cette version particulière de "Childhood", "Michael m’a dit que j’étais libre de faire ce que je voulais. Dans le même temps, j’ai demandé à Michael s’il aimait ce qu'il faisait avec sa chanson, donc on peut dire que nous avons travaillé ensemble. J’ai tout fait [à New York]. Le contact direct avec Michael était essentiel".

"La scène était noire, Michael était dans une flaque de lumière, et Marcel Marceau était dans une autre", explique Margolis. "C’est tout ce qu’il y avait comme éclairage. Michael était un peu plus au fond de la scène que Marcel, et dans une flaque de lumière légèrement plus petite. Marcel dansait sur scène dans une grande flaque de lumière, parce qu'il avait plus de mouvements. Michael était debout et chantait la chanson, et Marcel mimait les paroles. C’était à couper le souffle".

"Il y a un passage particulier (dans "Childhood") dans lequel Michael parle de pirates, de rois et de conquêtes", a expliqué Marceau. "Faire la transformation d'un pirate en un roi sur scène… seulement par le mime ... Mimer, après tout, c’est l'art de la métamorphose. C’est difficile à faire pour un danseur. Michael a vu mon travail, et il sait que je peux exprimer les principaux thèmes et concepts".

"A la fin de notre numéro pour "Childhood", un duo," ajoute Marceau, "il est venu me chanter "Avez-vous vu mon enfance?" (Have You Seen My Childhoud?) Et avec un geste de la main je lui ai montré la voie. Nous avons fini la chanson ensemble ... comme un seul corps en mouvement ensemble. C’était très, très pur. Poétique. Pour moi, Michael Jackson est un vrai poète; un grand poète de la chanson. [Il] est également un danseur extraordinaire, et un showman avec un grand respect pour le théâtre, la musique et le cinéma. Michael [était] très heureux du travail que nous avons fait ensemble sur "Childhood".

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"C’est merveilleux! J’adore cette version de Childhood ", a déclaré Michael Jackson dans une interview quelques années plus tard. "C’est étrange, personne ne l’a jamais vu. Il ya des choses comme ça que personne ne verra jamais. C’était merveilleux! "

"Marcel était la seule célébrité invitée de Michael sur le spectacle", rappelle Margolis. "Ce fut l'un des morceaux les plus brillants de la télévision auquel j’ai jamais participé".

D’autres numéros prévus que le monde ne verra jamais inclus de nouvelles interprétations chorégraphiques de "The Way You Make Me Feel" et "Bad", ainsi que des performances de "Earth Song", "You Are Not Alone", "Black or White" "Smooth Criminal" et "Smile".

"Il y avait une belle fille avec qui Michael allait faire un numéro de danse solo", se souvient Morey. "Jeff Margolis nous l’avait présentée à Michael et à moi. Je ne me souviens pas de son nom, mais je me souviens qu'elle était très belle, très talentueuse, et que Michael était vraiment très épris d'elle".
"Le reste du temps, c’était Michael, Michael, Michael", dit Margolis. Et vous alliez pouvoir voir tous les côtés de Michael que vous pouviez imaginer durant ces deux heures".

Une toute nouvelle chorégraphie pour "Billie Jean", qui était peut-être son numéro de danse la plus emblématique de tous à ce moment, a également été envisagée. 

"Je me souviens qu’ils essayaient de le convaincre", se rappelle Smith. "Mais pourquoi? Ils ont essayé de lui faire tout changer. De son numéro de danse à ses cheveux".

Il est tout à fait possible que Michael envisageait une nouvelle version de "Billie Jean" au cours de cette spéciale One Night Only. Des années plus tard, quand on lui demande quelle chanson il préférait interpréter, il a déclaré que c’était "Billie Jean", "mais seulement quand je n’ai pas à le faire de la même façon. Le public la veut d’une certaine manière. Je dois faire le moonwalk à cet endroit. J’aimerais faire une version différente".

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"Michael était intelligent", dit Smith. "Il aurait fait ce qu'il voulait. Si les nouveaux numéros n’étaient pas prêts, il disait ok, reprenons les classiques. Et les gens veulent voir faire les classiques. Même si le nouveau truc est vraiment bon, les classiques vont leur manquer ".

Malgré le fait que la spéciale HBO était un spectacle intime, sans fioritures, un évènement avec "seulement l'homme, seulement les mouvements et la musique", Michael Jackson et son équipe ont tout de même envisagé l'idée d'une entrée spectaculaire sur scène, avec des effets spéciaux.

De même que pour la façon dont il a débuté chaque concert de la tournée HIStory moins d'un an plus tard, Jackson s’est montré intéressé par vidéo virtuelle en ouverture dans laquelle il se retrouverait à voler à destination du lieu de la performance, et avec la vidéo transition de son apparition sur scène.

"Il avait quelque chose de prévu pour survoler New York City", se rappelle Morey, "et ça aurait été comme si Michael avait été propulsé par un réacteur, d’un stade bondé à un endroit, sur la ville, et se serait retrouvé dans ce charmant petit théâtre dans le centre de New York pour faire un spectacle. Mais cela n’aurait pas pu se faire physiquement; ça aurait été fait avec des effets spéciaux".

Puis, se souvient Margolis, Michael aurait "surpris le public en arrivant, grâce au réacteur dorsal, par l'une des portes de l’entrée, et il aurait survolé le public et atterri sur la scène. Les effets spéciaux que les gens connaissaient, ses fusées et son survol du public, tout cela était prévu. C’était une version beaucoup plus petite de ce qu'il faisait dans un grand stade. Mais quand vous faites quelque chose comme ça dans une salle, il faut obtenir des autorisations de la police et des pompiers. Nous étions limités avec ce que nous pouvions faire, c’était donc une mini version de ce qu'il avait fait dans le passé, mais cette fois c’est lui qui aurait volé".

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Les semaines devenaient des jours, les dates de tournage des 8 et 9 décembre approchaient à grand pas, et il devenait évident que si certains des nouveaux numéros, comme "Thriller", étaient prêts, d'autres non. En fin de compte, un certain nombre des nouvelles performances, et notamment celle de Smith et Payne "L’Orange Mécanique- Dangerous" (comme Michael le surnommait), ne serait pas comprise dans le spectacle.

"J’ai gardé le sentiment que soit il se sentait submergé, ou incertain à propos de certains numéros", se rappelle Smith, "et nous avancions très lentement parce que nous voulions que ce soit aussi bon que possible, mais nous n’avions pas assez de temps pour nous préparer".

"On nous a finalement donné une date limite et dit que tout devait être bouclé en trois jours, ce qui était juste assez", dit Smith. "Michael a donc dit, "Vous savez quoi? Nous allons faire la version classique de "Dangerous". La plupart des danseurs la connaissaient, et nous l’avons appris ceux qui ne la connaissaient pas. Ce serait finalement le classique "Dangerous", de Michael Jackson parce qu'il l’adorait tout simplement, et qu’il connaissait le numéro par coeur"

"Si c’était nouveau, mais pas aussi bon que l'original, c’était retiré et remplacé par la version classique. Et les numéros qui étaient bons, comme "Thriller", restaient. Le nouveau "Thriller" était vraiment bon. Je sais que Michael l’aimait beaucoup. Je pense que cela aurait été un spectacle incroyable, même si tout n’était pas nouveau. Vous auriez eu des nouveaux numéros et des classiques ensemble. Ca aurait été génial".

Le sentiment que le spectacle, et certains numéros, n’étaient pas prêts à temps pour être inclus dans le spectacle était du en partie au fait que, comme Smith et Lather l’ont exprimé, l'ensemble du processus était tellement compartimenté que personne ne savait ce que l'autre faisait, ou comment les choses avançaient.

"Personne n’était jamais au même endroit en même temps jusqu'à ce que nous déménagions au Beacon Theatre", explique Margolis. "Nous étions au Beacon pour sept jours environ. Nous avions le plateau, l’éclairage, et tout le matériel technique. Je pense que nous avons répété pendant quatre jours, et Michael n’était pas là le premier jour car c’était surtout une répétition pour que les danseurs trouvent leurs marques sur la scène. Michael est arrivé et a répété les deuxième, troisième et quatrième jours. Le premier jour où Michael était là, il a fait une demi-journée, et les deuxième et troisième jours, il était là tout le temps".

Juste avant 17 heures le 6 décembre, durant la deuxième de plusieurs répétitions prévues en costumes au Beacon Theatre, et seulement deux jours après que Michael et Marcel Marceau aient affronté les médias pour promouvoir l'émission spéciale de HBO, Jackson s’est effondré sur scène.

"Il ne se sentait pas bien et avait été malade pendant quelques jours", se souvient Lather, qui avait répété le nouveau numéro de "Thriller" avec Michael Jackson sur scène plus tôt ce jour. "Plus tard cet après-midi là, quand nous faisions d’autres répétitions pour le placement sur scène, il s’est effondré et a dû être transporté immédiatement à l'hôpital".

Alors que Lather dit que Michael Jackson se sentait mal depuis quelques jours, Marceau, qui a également répété avec Michael dans les jours précédant son effondrement, et était présent pour en témoigner, n’a pas détecté de symptômes chez Michael.

"Je l’aurai remarqué", se souvient Marceau. "Il n'y avait aucun signe qu'il était au bord d'une crise ... J’étais dans le Beacon Theatre, je regardais les répétitions, qui étaient géniales. Michael était sur scène avec une quinzaine de danseurs. A un moment, je me suis retourné pour avoir quelque chose à boire et, soudain, il y a eu un grand silence. Il a tout arrêté. Juste avant la musique était forte, les lumières clignotaient, et en un instant ce fut le silence total, c’était comme si c’était la fin du monde".

"Nous étions tous debout sur scène", se souvient Smith, "et je l’ai vu s’avancer sur le devant de la scène et tomber, son visage a percuté la grille de la scène"

"Il avait les deux mains de chaque côtés du corps, l’une d’elle tenait le micro, et il est tombé la tête la première sur la grille de métal", se souvient Michael Prince, l'un des ingénieurs du son de l'émission. "Il n'a même pas mis ses mains pour se protéger de sa chute. C’était effrayant. Et il à chuté très fort. Je suis surpris qu'il ne se soit pas cassé le nez ou la mâchoire sur la grille".

La grille métallique est une partie de la scène spécialement construite dans le sol. Michael l’utilise pour créer un effet dans certains numéros, dont celui de "Black or White", avec une lumière vive, le vent et la fumée qui sort de dessous. Les témoins se souviennent que c’est durant les répétitions pour "Black or White" que l'effondrement de Michael a eu lieu.

"Il était inconscient", dit Margolis, "la chute était si forte, sa tête avait tapé si fort sur les grilles, qu'il était tombé dans les pommes".

"Il s’était effondré, avait perdu conscience et gisait sur le sol", s’est souvenu Marcel Marceau. "Nous étions tous pétrifiés. Il y avait des gens autour de lui, il ne bougeait pas du tout. Les ambulanciers sont arrivés, et quand j’ai vu la scène, j’ai eu très peur. "

"Ses gardes du corps se sont précipités et ont formé un cercle de protection autour de lui, tenant leur veste pour lui donner un peu d'intimité", dit Prince. "Quelqu'un a hurlé pour qu’on appelle une ambulance et, en quelques minutes, elle est arrivée".

"J’ai appelé le 911", se souvient Morey. "Il respirait, mais était inconscient. J’ai pensé qu’il avait peut-être eu une crise cardiaque ".

"Je dois dire que les intervenants du 911, même avec le trafic dans cette ville, sont arrivés au Beacon Theatre en moins de cinq minutes. C’était incroyable ", dit Margolis. "Ils l’ont d’abord ausculté pendant qu’il était sur le sol, puis ils l'ont mis sur une civière, dans une ambulance, et l’ont sorti de là très vite. Ils ont été très rapides".

Michael a été transporté à Beth Israel Medical Center North au 170 East End Avenue dans l'Upper East Side de New York. Pendant ce temps, une réunion a eu lieu dans le hall du Beacon Theatre.

Prince se souvient qu'une fois que Michael a été transporté à l'hôpital, "une annonce a été faite sur le système de sonorisation du Beacon demandant à tous les danseurs, les musiciens, et toute l’équipe de se rassembler dans le hall du théâtre".

"Tout le spectacle allait probablement être annulé ou reporté", se remémore Lather. "Personne ne savait ce qui allait se passer pour le reste de la journée. Nous en étions encore à répéter la position de chacun sur scène et à mettre le spectacle en place avec Jeff Margolis. Le spectacle n’avait encore jamais eu lieu du début à la fin; la production n’était pas encore prête pour ça. Plusieurs jours de répétitions, à savoir comment chacun devait se placer étaient encore prévus".

En fin de compte il a été décidé que le spectacle, ou au moins les répétitions à ce moment-là, se dérouleraient sans Michael Jackson, qui, de toute façon, n’était pas prévu pour être au Beacon Theatre ce soir-là.

Michael devait assister aux 1995 Billboard Music Awards au Colisée de New York ce soir là, où il devait recevoir le Prix spécial Hot 100 pour ses classements remarquables dans les charts. Au lieu de cela, il était dans un lit d'hôpital, avec des professionnels de santé essayant de le stabiliser.

Les membres de l’équipe de One Night Only ont continué à répéter au Beacon Theatre le soir et le lendemain, alors que Michael attendait l'arrivée de son médecin personnel, le Dr Allan Metzger, qui arrivait de Los Angeles pour évaluer la superstar.

Quentin Schaffer, vice-président des relations avec les médias de HBO, a publié une brève déclaration le soir même de l'effondrement, faisant savoir au public que Michael Jackson avait été "stabilisé", tout en confirmant que les répétitions se poursuivaient. Schaffer avoua que le devenir de l’émission spéciale était incertain, ajoutant que la principale préoccupation de HBO était la santé de Michael.

La pression artérielle de Jackson a été jugée anormalement basse par l’équipe du Service médical d'urgence (EMS) arrivée au Beacon Theatre seulement quatre minutes après l'effondrement, a rapporté John Hanchar, un porte-parole de l'EMS.

Le Dr William Alleyne II était le directeur des soins intensifs à l'hôpital Beth Israel North en Décembre 1995, et a été chargé de fournir les soins médicaux qui ont finalement sauvé le roi de la vie de Pop.

"Mr Jackson était dans un état critique", a déclaré à Alleyne au Herald Online . "Il était déshydraté. Il avait une pression artérielle basse. Il avait un rythme cardiaque rapide".

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Pendant ce temps, le public a eu vent de la situation de Michael Jackson, et a commencé à se rassembler en masse devant l'hôpital pour montrer son soutien à la superstar.
"J’ai regardé par la fenêtre, et la foule était dense, énorme, beaucoup plus que quand le manoir du maire de l’autre côté de la rue a accueilli le pape, le président, ou même Nelson Mandela", se souvient Alleyne, ajoutant que c’était même un "pandémonium absolu" à l'intérieur de l'hôpital.

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Il n'a pas fallu longtemps pour que les médias commencent à signaler l'incident, et spéculent sur la gravité de l'état de Jackson.

"Michael Jackson s’effondre aux répétitions", titrait le New York Times le lendemain matin, indiquant que Michael Jackson s’était effondré alors qu’il répétait sur scène la veille dans l'après-midi, "évoquant l’incertitude concernant la diffusion d'une émission spéciale très médiatisée sur une chaîne nationale le dimanche".

Entertainment Weekly a évoqué la nouvelle de l'effondrement de Michael Jackson avec légèreté, faisant croire à une mise en scène: "Jacko s’est-il évanouit sur scène ou a-t-il mis en scène un évanouissement ?"

L’article du Entertainment Weekly prétendait qu'une source anonyme leur avait révélé que Michael était mécontent que les rues de New York ne soient pas bloquées pour ses concerts, et que le Beacon Theatre, avec ses 2800 places, était si petit qu'il était impossible de mettre en place l’énorme éclairage du plateau voulu par Michael, ce qui bien sûr était faux.

La sœur de Michael, LaToya, s’est empressé de téléphoner au New York Daily News affirmant qu'elle connaissait "tous les petits mouvements de Michael et toutes ses manigances qu’il met en scène quand il pense qu'il a besoin d'attention", ajoutant que son effondrement était "un geste de publicité".

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"Je ne pense pas que quiconque soit assez bon acteur pour faire semblant de chuter de la façon dont il l’a fait, "dit Prince, qui a assisté à l'effondrement dramatique de Michael Jackson de son poste avec l'équipe son.

Le médecin du Roi de la Pop a aussi assuré que son effondrement était à la fois très réel et très grave. "Il était près de la mort", a souligné Alleyne, ajoutant que Michael Jackson "était inconscient quand il est arrivé" à l'hôpital Beth Israel North.

"Son plus grand souci était de savoir s’il pourrait se produire", se rappelle Alleyne à propos de Michael.

Malheureusement pour tous les participants, Alleyne a informé Michael Jackson "qu’en aucune manière", il pourrait se produire sur scène tout de suite.
Michael Jackson est resté hospitalisé et sous surveillance médicale stricte pendant les nuits du 8 et 9 décembre, date de l’enregistrement prévu de l’émission et même au délà du 10 décembre, date prévue de la diffusion sur HBO, ce qui a entraîné l'annulation du spectacle.

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Michael à sa sortie de l'hôpital le 12 décembre 1995

Non seulement l'effondrement de Michael, et l'annulation de la spécial sur HBO, a été gravement préjudiciable à sa santé, mais cela a également eu de mauvaises répercussions sur ses futures ventes de disques aux États-Unis, et a entaché la perception du public américain concernant sa capacité à jouer en live désormais.

"Nous nous sommes aperçu que, sans aucun doute, la spéciale de HBO spéciale aurait été un très gros coup de pouce aux ventes jusqu'à Noël", a déclaré Alan Mc Donald, le vice-président du marketing chez HMV au New York Times.

"Jackson est à bout de souffle", a indiqué Porter Bibb, analyste des médias de New York, à l'époque, ajoutant que "son règne du Roi de la Pop est peut être derrière lui".

Le 8 décembre, quelques heures avant ce qui aurait du être le premier spectacle en direct, l'équipe du Beacon Theatre a été de nouveau invitée à se rassembler avec Margolis qui leur a apporté la nouvelle que personne ne voulait entendre : le spectacle n’aurait pas lieu.

"Nous avons appris que c’était annulé", se rappelle Lather. "C’était très décevant, car tout le monde avait travaillé si dur, et tant de gens avaient créé quelque chose de spécial pour réaliser ce spectacle, quelque chose qu’on n’avait jamais vu auparavant pour Michael".

"Avec le recul, c’est vraiment étrange que mon travail avec MJ ait été encadré par des concerts annulés", se rappelle Prince, dont le tout premier concert avec Michael Jackson était One Night Only ... et son dernier This Is It.

Une fois que l'annulation a été confirmée, la question était de savoir si le spectacle serait reporté à une date ultérieure ou non.

"Le spectacle était quasiment prêt", indique Margolis. "J’en ai parlé à son management, que lorsque son état de santé se serait amélioré, nous pourrions essayer de le refaire. Ils ont dit qu'ils allaient en discuter avec Michael, mais je n’ai jamais eu de nouvelles de qui que ce soit. Mais oui, la musique était prête. Les mixes aussi. Les orchestrations ont toutes été faites. Tout était fini. Tout était prêt. Et pour une raison que j’ignore on n’en a jamais reparlé. Je suppose que quand HBO et tout le monde dit "One night only" (« une nuit seulement »), ils ne plaisantaient pas !".

Le fait que ça n’ai pas été reprogrammé n’était pas un manque de volonté de HBO à essayer de nouveau, mais plus une combinaison entre l’hésitation de Michael Jackson à se remotiver et la demande de règlement de HBO à la compagnie d'assurance.

"HBO avait une assurance sur les spectacles", explique Morey, "et la compagnie d'assurance s’est retrouvée impliquée. Et une fois que le spectacle est devenu une histoire d'assurance, tout le concept s’est envolé".

Lors d'une interview en 1996, on a demandé à Michael Jackson s’il avait l'intention d’enregistrer les spectacles HBO. "Oh, oui", a répondu Michael avec hésitation. "Nous prévoyons de le faire en Afrique. En Afrique du Sud."

J’ai demandé à Margolis s’il en avait entendu parler. "Non", dit-il. "Je ne sais rien à ce sujet."
"Cela ressemble plus à une hyperbole de la part de Michael Jackson, vraiment," indique Morey. "Il n'y a eu aucune discussion pour le faire en Afrique, ou n’importe où".

"Non", a ajouté Smith. "C’en était trop. Nous n’en n’avons jamais reparlé. Il a vraiment indiqué qu'il aimait le nouveau "Orange Mécanique -Dangerous", et il a dit qu'il aurait aimé le faire. Mais non, il n’a jamais parlé de refaire la spéciale HBO".

Des années plus tard, Jackson a été de nouveau été interrogé sur les spectacles annulés, et s il les ferait un jour. "Non, je ne le pense pas", a déclaré Michael au magazine Black and White. "J’ai travaillé énormément pour préparer ce spectacle, il y avait une telle pression; les gens me poussaient à faire ce spectacle quoi qu’il arrive! Mais la nature repris le dessus et a dit "stop!" Elle a décidé que je ne devais pas faire ce spectacle ".

Bien que Michael Jackson n'a jamais accepté de refaire le spectacle, il y a une petite lueur d'espoir pour que les fans puissent le voir un jour. Les répétitions de Michael Jackson: One Night Only étaient, comme on l'a longtemps spéculé, enregistrées.

"Michael voulait tout voir", révèle Margolis, "donc tout a été enregistré pendant les répétitions. Michael avait sa propre équipe de tournage qui enregistrait tout ce qu'il faisait. Souvent, quand il faisait un numéro il demandait au directeur de l'émission une copie de sa répétition afin de la ramener chez lui et de l’étudier, pour voir ce qu'il pouvait améliorer. C’était un perfectionniste".

"Il nous a donné des caméras et nous avons tourné, et nous lui donnions les images pour les étudier", explique Smith à propose de Michael. "Il y avait beaucoup d’enregistrements par Travis et moi. L'équipe de Michael était là quand il était là, et il était beaucoup avec nous. Ils s’installaient dans un endroit où nous ne pouvions pas les voir, c’était agréable, et nous faisions simplement notre boulot en étant nous-mêmes".

Mais! Il y a un problème.

"Les bandes ont disparu", dit Margolis. "Michael a récupéré toutes les bandes. Cela faisait partie de son contrat. HBO n'a rien. Sa société de gestion n'a rien. Ses avocats n’ont rien. Je n'ai rien. Personne n’avait rien, à part Michael, et inutile de dire qu’elles ont disparu il y a des années".

Michael Jackson était tristement célèbre pour perdre du matériel important. "Quand vous remettiez quelque chose à Michael Jackson, c’est comme si vous jetiez quelque chose par-dessus un quai", dit Brad Sundberg, l'un des ingénieurs studio les plus fiables de Michael, "parce que vous ne le reverrez jamais ! "

"Quand Neverland a été vidé, je suis sûr que quelque part dans cette propriété, il y avait une bibliothèque où chaque séquence enregistrée, chaque cassette audio qu’on lui a donné, est tombé dans le trou noir de Michael Jackson", spécule Margolis."Connaissant Michael, et sachant combien il était perfectionniste, je suis sûr que les enregistrements de One Night Only ont été déposés quelque part".

Ainsi qu'on le voit dans les images de This Is It, enregistrées au cours de la période qui a précédé sa malheureuse série de concerts en 2009, et dans les images de la préparation de la tournée Dangerous , les bandes des répétitions de Michael Jackson sont convaincantes.

"Michael est toujours présentable", dit Margolis. "Même quand il venait aux répétitions, il était coiffé et maquillé, il avait son chapeau et tout ça, parce qu'il était toujours filmé. Son équipe était toujours en train de le filmer et il était donc toujours prêt. Même si vous regardez des répétitions, cela ressemblait à un vrai spectacle. Si quelqu'un pouvait retrouver ces séquences et les assembler, on pourrait en faire un spectacle. Chaque fois que Michael était en répétition, il était prêt. Revoir tout cela serait absolument fantastique ".

"Nous faisions des répétitions en costume quand il s’est effondré, et même cela, ça a été enregistré", dit Margolis. "Pour chaque numéro, les danseurs étaient dans la tenue qu’ils étaient censés avoir pour le spectacle. Ca a été un tel désastre. J’en ai pleuré quand j’ai su que nous ne pourrions pas faire le show. Ca allait être magique".

"Nous étions tous là pour lui, et pour entrer dans l'histoire", dit Lather. "Jeff Margolis avait travaillé dur pour la préparation de ce spectacle. Ca allait être incroyable. Nous savions tous que c’était une occasion unique dans une vie. Nous étions tous dans le même bateau pour Michael. Nous nous sentions tous très honoré de travailler sur ce spectacle! On le savait. Il y avait eu ce buzz que cela allait être un autre atout majeur dans la carrière de Michael, un spectacle dont on parlerait pendant les années à venir ".

"Si le spectacle avait été diffusé, les spectateurs auraient vu des choses qu'ils n’avaient jamais vu auparavant", dit Morey. "Il y aurait eu des choses dont on aurait parlé dans le monde entier; de la fontaine d'eau ou de la machine à café dans chaque société à la table du dîner dans chaque maison. Après les Etats-Unis, il aurait finalement été diffusé partout dans le monde".

"Je me souviens du sentiment en le faisant", se souvient Smith. "C’était juste un sentiment génial, génial. Si nous avions pu réussir ce coup, il aurait brillé dans les cieux. Il aurait été glorieux. "

Para a promoção do evento foram fabricados DogTags que hoje são souvenires raríssimo

damienshields.com/traduction: Onmjfootsteps

Voir aussi l'article du magazine Black & White n°17