En janvier 1989, l’Amérique fait déjà face à l’horreur que peut engendrer le droit de posséder une arme à feu, un droit garanti (hélas !) par le Deuxième amendement de la Constitution des États-Unis.

Le 17 janvier, Patrick Purdy, 26 ans, ancien élève de la Cleveland Elementary School à Stockton, une ville située à l’est de San Francisco, en Californie, gare sa voiture à l’arrière de l’école. Muni d’un gilet pare-balles et d’écouteurs dans les oreilles, afin d’amenuiser le bruit du carnage qu’il va réaliser, l’homme, décrit dans un rapport de police de 1987 comme souffrant d'un "léger retard mental", se dirige vers la cour de récréation où au moins 300 jeunes enfants profitent de leur pause déjeuner. Impassible, Purdy presse sur la détente et tire plus de 106 balles avec son fusil d’assaut, à travers la cour pendant quatre longues minutes, tuant cinq enfants et en blessant vingt-neuf autres et un enseignant, la plupart étant des réfugiés d’Asie du Sud-Est. L’homme finit par se tirer une balle dans la tête.

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L’évènement pourrait passer pour une banale tragédie dans ce pays où les drames de ce genre sont malheureusement fréquents. Même si le choc et la terreur ont été énormes, faisant la une des journaux, empêchant pendant quelques semaines les parents de remettre leurs enfants à l’école, aucun soutien de la part des personnalités n’est arrivé à Stockton. Aucun, à part celui de Michael Jackson.

Quelques semaines après la fusillade, Diane Batres, directrice du Victim Witness Program (Programme d’aide aux victimes et aux témoins) reçoit un appel téléphonique de MJJ Productions. Elle a d’abord pensé qu’il s’agissait de quelqu’un qui souhaitait faire un film et était furieuse. Mais quand elle a appris qu’au bout du fil étaient les associés à Michael Jackson et que celui-ci souhaitait venir apporter du réconfort et son soutien moral en personne aux enfants, elle a immédiatement organisé la visite de Michael à l'école.

Rob Young avait six ans au moment des faits. Blessé au cours de la fusillade, il a reçu chez lui un appel du cabinet d’avocats d’aide aux victimes du San Joaquin County district lui indiquant qu’une célébrité allait venir rendre visite aux familles à Stockton. "Ils ne nous ont pas dit qui c’était", explique Young plusieurs années après. "On pensait tous que c’était le Président !"

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Le 7 février 1989, Michael Jackson, vêtu d’un costume noir de style militaire, arrive donc, à bord d’une voiture de police, à la Cleveland Elementary School pour rencontrer les victimes. Il s’arrête dans toutes les classes de l’école, distribue des cadeaux et ses derniers enregistrements vidéo aux enfants et au personnel et prend le temps de réconforter les élèves. Il se rend également à la toute proche Central United Methodist Church (Eglise Méthodiste Centrale) où se trouvent des enfants ayants été blessés mais qui ne se sentaient pas encore prêts à retourner à l’école, avec qui ils discutent et plaisantent, ainsi qu’au San Joaquin General Hospital où sont encore certains enfants blessés.

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"C’était très gentil de sa part de faire ça. Il a apporté des tonnes de cadeaux et a serré les enfants dans ses bras. Il était réellement désolé et a exprimé sa douleur. Une des mamans a appelé après sa venue et a dit: ‘Je suis tellement contente de l’avoir vu’ parce que elle a réalisé pour la première fois qu'il n’y avait pas de larmes jaunes, de larmes blanches, de larmes brunes ou de larmes noires. Chaque larme était de la même couleur. Ils ont tous ressenti la même tristesse", a expliqué Diane Batres.

Le directeur de l’école, Pat Busher, dira, après la disparition de Michael, que "[s]es motivations étaient sincères. ... C'était pour aider les enfants. Et cet événement leur a fait beaucoup de bien."

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Et effectivement, plusieurs enfants ont témoigné, quelques années plus tard que la venue de Michael avait été très bénéfique. "Je ne voulais plus retourner a l’école", explique Thahn Tran, qui avait huit ans en 1989 et a perdu son frère lors de la tuerie, "mais Michael a rétabli les choses. Si lui venait c’est que cela devait être désormais sûr". "Grâce a sa présence je me suis dit, 'Oh, wow, le monde est en sécurité, il est possible de rêver, et il y a de l'espoir après tout," a déclaré aussi Elizabeth Pha, une des enfants de l’école. A l’hôpital, la jeune Alice Montejano, sept ans, a dit, en tenant une photo avec l’autographe de Michael : "Je n’ai plus peur de retourner à l’école maintenant, parce que Michael empêchera ces mauvaises personnes de revenir."

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Mel Greer faisait partie des policiers qui ont encadré la venue de Michael à Stockton ce jour-là, et il se souvient parfaitement de cette visite. "La limousine de Michael est arrivée d’un côté de l’école, pour attirer les gens. Il y avait beaucoup de monde. Mais Michael était dans une voiture de police qui est arrivée par l’arrière. Nous l’avons escorté jusque dans l’école. C’était un homme gentil, calme et sans prétention. Il a parlé aux enfants en se mettant à leur niveau. Il ne les a pas pris de haut. Cela a fait du bien aux enfants. Parce que pour nous tous, le personnel de l’école, de la police et des pompiers, notre principale préoccupation était les enfants."

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Si la tuerie de Stockton n’est pas la première de ce genre (et ne sera malheureusement pas la dernière) dans le pays, elle a au moins eu l’effet de mettre en place le Roberti-Roos Assault Weapons Control Act, en 1989, une loi qui interdit la possession de certaines armes d’assaut.

Michael, quant à lui, a su, ce jour-là, redonner un peu de confiance aux jeunes victimes et à leur famille, en leur apportant une vision un peu plus positive du monde après une expérience aussi traumatisante. Et loin d’être un moment exceptionnel, on reconnait là aussi le grand cœur du chanteur, habitué à apporter son soutien, dès qu’il le pouvait, à ceux dont le quotidien n’était pas évident.

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The Great Humanitarian behind The Entertainer

Sources: mjjcommunity.com/recordnet.com/mjjnewsarchives.tumblr.com/Thank you Matilde Beatriz Latini (facebook) for some of the pictures